Antoine Béchara
Atelier : 4, rue Jules Ferry 93120 La Courneuve, France
Tel: +33 6 03 48 47 72
Email : antoinebechara@hotmail.fr
Web: http://antoinebechara.free.fr
Je suis artiste plasticien et inventeur. Je réalise des
assemblages photographiques de mes visions qui portent sur le vivant : corps, feuilles d’arbre, insectes…. Graduellement l’idée m’est venue de les MAGNETISER.
Le magnétisme des feuilles d’arbre exprime la sensation d’être happé dans l’hyper espace.
L’idée que tout être et toute chose tends vers, est attiré par le champs magnétique du cosmos. Le fragment photographique contrecollé sur un caoutchouc magnétique est destiné au mouvement.
L’œuvre d’art qui en résulte est ainsi éphémère et permanente. Elle symbolise les extrêmes en leur point d’équilibre : polarité (pôle sud pôle nord), attraction répulsion (+
-).
Le champs magnétique symbolise cette mystérieuse force qui s’exerce et dont les
bras moteurs demeurent invisibles. Quand je crée une toile magnétique j’utilise :
-la mobilité : je déplace les objets, je les fait glisser
-le jeu : j’empile, j’écarte,
je pose et dépose, j’accomode. C’est une sensation ludique. Les objets sont comme des cartes. Ils sont faits pour être touchés, manipulés, jetés, lancés, s’envoler comme un tapis
volant…
-la créativité : le puzzle
n’est pas prédéterminé. Il n’y a pas qu’une seule manière de le disposer mais plusieurs.je peux procéder par inclinaison, superposition, rotation, tête en bas, etc…
-la multiplicité des fonds :
tôle d’acier, radiateur, garde-corps de balcon, voiture, ou installation spécifique. Si j’utilise la peinture dite « magnétique » le fond n’a plus de limites. Les objets peuvent
apparaître à n’importe quel moment et n’importe quel lieu…
L’execution des premières œuvres
magnétiques m’a amené à m’interroger sur l’endroit de l’œuvre ; à quel moment il y a œuvre d’art. Où se trouve l’œuvre. Je n’ai pas encore trouvé la réponse. J’ai songé à ce jour où les
élèves de l’école maternelle de St Ouen sont venus regarder mes découpages magnétiques. Je leur ai donné la permission de les manipuler et de les poser eux-même sur le support métallique. Ils
tenaient chacun un objet de dimensions aussi grandes que leur propre taille. A les regarder j’ai compris que l’œuvre d’art pouvait être volatile. Ici et là simultanément : dans le geste de
poser ou de lancer la plate-forme magnétique, (l’hyper espace) et dans l’état de contact permanent. On ne visualise, on n’imagine jamais assez les forces en jeu lorsqu’un objet magnétique adhère
à un autre ou à un support conducteur. Ces forces sont tendues à tout instant, elles sont agissantes de la même manière que le pôle d’attraction terrestre qui modifie le sens des aiguilles d’une
boussole. La magie de l’attraction permanente, on la perçoit jusque dans la contemplation de l’œuvre figée au mur, comme une promesse, celle de son évolution prochaine, sa mutation en plus exact,
différent, plus beau.
Les potentialités innombrables même si elles ne sont pas traduites immédiatement en action
sont révélatrices de la sensation induite, de la texture de l’œuvre d’art magnétique : de par l’idée qu’on en a, la faculté à glisser sur le support, à être « épluchée », à être
happée, à tenir seule comme par magie, l’œuvre flotte devant notre regard interrogatif. Que va-t-il se passer ? Inquiet- jusqu’à quand cela durera-t-il ? Et surtout demain, si j’en ai
envie, je change tel motif et je déplace tel autre. L’œuvre vit à tous les instants comme un kaléidoscope constitué des mêmes pièces mais dont la disposition à un moment donné en donne une vision
absolument unique.
Un mot sur la technique : Les
photographies sont d’abord assemblées et découpées. Les contours sont constitués. Ensuite j’effectue leur collage sur caoutchouc magnétique. Ce caoutchouc est ensuite découpé pour épouser
exactement le contour de l’assemblage photographique. Il en résulte un objet manipulable, souple, doté d’une certaine épaisseur (environ 1,5 mm) et que l’on peut poser par attraction magnétique
sur un support ferreux : tôle d’acier, garde-corps, mur peint avec une peinture dite « magnétique » etc…
Sa
constitution magnétique confère à l'objet une épaisseur, un poids, une plasticité toute nouvelle. Cela en change la texture. La photo destinée à ployer, se tordre, s’arrondir, ne possède pas
la même texture, le même velouté que la photo encadrée traditionnelle. Sous l’épiderme photographique transparaissent les doigts de l’artiste qui ont exercé une pression, marouflé, imprimé et
incrusté dans la colle du caoutchouc magnétique. La photo devient cet épiderme veiné. Des imperfections y apparaissent aussi. Le film épidermique commence à vivre.
C’est comme si l’imagination cérébrale, mentale, se doublait d’une imagination sensitive,
tactile, l’imagination du « non voyant ». C’est une des raisons pour lesquelles je qualifie ces œuvres de sculptures photographiques.